Ram a visité la nouvelle merveille de l’ingénierie politique locale : une machine capable d’acheter du terrain, d’étaler les remboursements sur quinze ans et de produire suffisamment de vapeur pour faire disparaître la question : « Et maintenant, on en fait quoi ? »
À l’entrée, 22 parcelles et 38 millions d’euros. À la sortie, un montage financier. Entre les deux, un contribuable pédale. On lui a expliqué qu’il participait à une grande aventure collective. Il aurait préféré participer à la réunion où l’on choisit qui pédale.
Attention, conserver la maîtrise publique du foncier, ça se défend. Mais Ram aimerait aussi rencontrer quelqu’un qui maîtrise la notice.
Dans notre usine, tout est prêt : les ciseaux, le ruban, le discours.
L’iguane tient les comptes, la calculatrice est sous perfusion et l’escargot géomètre vient d’obtenir un renfort : un deuxième escargot chargé de coordonner le premier.
— Et les logements ? Les équipements ? L’aménagement ?
— Vous êtes pénible. Regardez la qualité du montage !
Le coût final reste à préciser. La stratégie aussi. Heureusement, les grandes déclarations sont livrées immédiatement, sans acompte et en quantité industrielle.
Ram propose donc une inauguration en deux temps : aujourd’hui, on coupe le ruban. Pour savoir ce qu’il entourait, on vous reconvoquera.
Les intérêts, eux, n’attendent pas le permis de construire.
Ram de Bush pour Zouk Mag — qui garde le terrain à vue.



