Saint-Martin : rentrée 2026, qui tient encore le volant ?

launedu7septembre2026 zoukmag

Un aéroport qui retourne devant le tribunal, un ferry qui disparaît du planning et une rentrée judiciaire qui s’annonce chargée pour la Collectivité : à Saint-Martin, septembre commence avec cette désagréable impression que quelque chose coince dans la mécanique.

Il paraît qu’une rentrée, c’est fait pour repartir du bon pied.

À Saint-Martin, on a visiblement choisi une autre méthode : on commence par vérifier ce qui fonctionne encore.

Grand-Case : le marché de sûreté reprend… la direction du tribunal

L’aéroport de Grand-Case vient de connaître un nouvel épisode dans le feuilleton du marché de sûreté.

Le tribunal administratif a une nouvelle fois suspendu la procédure de passation du marché. Et ce n’est pas exactement une surprise puisque l’affaire avait déjà connu un premier passage devant le juge en décembre dernier.

À l’époque, Edéis, l’exploitant de l’aéroport, avait été sanctionné pour plusieurs manquements concernant notamment la transparence, la mise en concurrence et l’impartialité de la procédure.

Une nouvelle procédure avait donc été lancée.

Nouvel appel d’offres, nouvelles candidatures, nouveau prestataire retenu.

Et… nouveau passage devant le tribunal.

Cette fois, le juge a notamment relevé un problème concernant l’égalité de traitement des candidats sur le critère du chiffre d’affaires, ainsi que l’absence de pièces permettant de vérifier les garanties et capacités professionnelles, techniques et financières de l’entreprise retenue.

Résultat : procédure suspendue et retour à la case « analyse des candidatures ».

À ce rythme-là, le marché de sûreté de Grand-Case risque bientôt de devenir plus familier avec le tribunal administratif qu’avec son propre terminal.

Précision importante : ce dossier concerne la procédure menée par Edéis, l’exploitant de l’aéroport. Il ne s’agit donc pas d’attribuer directement à la Collectivité les manquements relevés par le tribunal.

Mais politiquement, la question de la gouvernance et du suivi de nos infrastructures stratégiques reste évidemment posée.

Pendant ce temps, le Voyager décide de faire… voyager personne

Comme si l’aéroport n’avait pas suffisamment de matière, le transport maritime vient ajouter sa petite contribution au tableau.

La compagnie Voyager a annoncé l’annulation de départs vers Saint-Barthélemy faute de ferry disponible.

Pour les passagers, les professionnels du tourisme et tous ceux qui dépendent quotidiennement des liaisons maritimes, le résultat est assez simple : quand le bateau n’est pas là, le trajet devient subitement beaucoup plus compliqué.

Saint-Martin est une île.

C’est normalement une information connue depuis quelques siècles.

La particularité d’une île, c’est qu’on ne peut pas simplement remplacer un bateau par un bus en attendant que quelqu’un retrouve les clés.

La continuité des transports n’est donc pas un détail folklorique. C’est une question économique, touristique et quotidienne.

Et pendant ce temps-là, le président prépare octobre

Pendant que les infrastructures font connaissance avec les procédures administratives et que les ferries jouent à cache-cache, le calendrier judiciaire de la Collectivité, lui, est parfaitement organisé.

Louis Mussington doit comparaître devant le tribunal en octobre dans deux affaires distinctes.

Les 5 et 6 octobre, le tribunal doit examiner le volet concernant des soupçons de prise illégale d’intérêts liés notamment à des recrutements de proches.

Puis les 7, 8 et 9 octobre, le président de la Collectivité et quatre vice-présidents, Alain Richardson, Bernadette Davis, Michel Petit et Dominique Louisy, doivent comparaître dans une autre affaire portant notamment sur des soupçons de favoritisme et de détournement d’objets publics concernant la location et l’utilisation de véhicules.

Rappelons-le clairement : il s’agit de soupçons et de procédures judiciaires en cours. Les personnes concernées bénéficient de la présomption d’innocence.

Mais politiquement, cinq journées d’audience consacrées à deux dossiers distincts concernant l’exécutif territorial ne sont évidemment pas un événement anodin.

Alors, qui tient encore le volant ?

Et c’est peut-être là que se trouve la vraie question.

Parce que pris séparément, chacun de ces dossiers a sa propre explication.

Un marché public relève de son exploitant.

Un ferry peut tomber en panne, être indisponible ou nécessiter une intervention.

Une procédure judiciaire suit son cours indépendamment du calendrier politique.

Mais pour les habitants, il existe une réalité beaucoup plus simple :

ils ont besoin que l’aéroport fonctionne, que les bateaux circulent et que leurs institutions soient correctement administrées.

Le citoyen, lui, ne vit pas dans trois dossiers administratifs séparés.

Il prend l’avion.

Il prend le bateau.

Il paie ses impôts.

Et il regarde ce qui se passe.

Alors, en cette rentrée 2026, Saint-Martin pourrait peut-être adopter un nouveau panneau de signalisation :

✈️ Avions ? En attente.
⛴️ Ferries ? À vérifier.
⚖️ Politique ? En audience.
📋 Procédures ? À reprendre.
😎 Sérénité ? En option.

Et au milieu de tout ça, Iggy résume probablement mieux la situation que tous les rapports administratifs du territoire :

« On résiste… et on attend la prochaine procédure. »

Parce qu’à Saint-Martin, une chose au moins continue de fonctionner : La vie !

Et heureusement pour nous, elle fournit toujours à ZoukMag quelque chose à raconter.

L’info qui dérange… mais qui dit tout !


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