🚧 SAINT-MARTIN : DES DOS D’ÂNE, MAIS TOUJOURS PAS DE MIRACLE SUR LES ROUTES

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La Collectivité veut ralentir les automobilistes. Dommage qu’elle n’ait pas encore trouvé le bouton « réparer les routes ».

Il faut rendre à César ce qui appartient à César : installer des ralentisseurs pour faire baisser la vitesse et améliorer la sécurité routière, sur le principe, c’est plutôt une bonne idée.

À Saint-Martin, où certains automobilistes semblent parfois considérer les limitations de vitesse comme de simples suggestions décoratives, rappeler qu’une route n’est pas un circuit automobile peut effectivement avoir son utilité.

La Collectivité de Saint-Martin vient donc de lancer une nouvelle campagne de travaux sur plusieurs axes routiers. Au programme : enrobé, marquage au sol et installation de plateaux ralentisseurs. Plusieurs secteurs sont concernés, de Spring à Terres-Basses, en passant notamment par Rambaud, Colombier, Sandy Ground et Marigot. Les travaux d’enrobé doivent débuter à partir du 14 septembre et les ralentisseurs sont déjà en cours d’installation.

Jusque-là, tout va bien.

Enfin… presque.

LE PROBLÈME, C’EST LE « OÙ ? »

Parce qu’à Saint-Martin, une excellente idée peut rapidement devenir un concept expérimental.

Le principe est simple : on veut ralentir les véhicules aux endroits où la vitesse représente un danger.

Mais lorsqu’on observe certains nouveaux aménagements, une question commence à traverser l’esprit du conducteur moyen :

« Mais pourquoi ici ? »

Et parfois, immédiatement après :

« Mais pourquoi pas plutôt là-bas ? »

Car pendant que certains endroits héritent d’un magnifique ralentisseur flambant neuf, d’autres continuent de bénéficier gratuitement de leur équipement historique : le trou dans la chaussée.

Le fameux.

Le véritable.

Celui qui ne nécessite ni béton, ni peinture, ni appel d’offres.

Un dispositif naturel de ralentissement made in Saint-Martin.

Et particulièrement efficace pour les deux-roues.

LE DOS D’ÂNE, NOUVELLE ARME CONTRE LE DOS-D’ÂNE

Le paradoxe est donc assez remarquable.

D’un côté, la Collectivité explique que les emplacements des ralentisseurs ont été choisis en concertation avec les services chargés de la sécurité routière.

De l’autre, les automobilistes découvrent certains nouveaux ouvrages avec cette étrange sensation que quelqu’un aurait simplement jeté des ralentisseurs sur la carte de Saint-Martin depuis le parking de la Collectivité.

« Ici ? »

— Oui.

« Pourquoi ? »

— Parce qu’il fallait en mettre un.

« Et le trou de 40 centimètres trois mètres plus loin ? »

— Celui-là, il est historique.

Évidemment, ZoukMag caricature.

Mais derrière la plaisanterie se trouve une vraie question de gestion publique :

Est-ce qu’on ne devrait pas commencer par réparer les endroits les plus dangereux avant d’ajouter de nouveaux obstacles sur une chaussée déjà dégradée ?

Parce qu’un ralentisseur posé sur une route défoncée ne fait pas disparaître les problèmes de voirie.

Il les additionne.

ET PENDANT CE TEMPS… LES ENTREPRISES ATTENDENT

Autre sujet qui mérite d’être posé sur la table : les entreprises locales qui attendent toujours le règlement de leurs factures.

Il est difficile de demander à une petite entreprise saint-martinoise de patienter tranquillement pour être payée tout en voyant les travaux publics continuer à se multiplier.

Et c’est là que notre imagination, forcément mauvaise, commence à travailler.

Parce qu’à ce rythme, on pourrait presque croire qu’un mystérieux cousin possède une carrière d’enrobé quelque part sur l’île.

Ou qu’un oncle éloigné aurait obtenu une promotion exceptionnelle sur les tonnes de bitume.

Ou peut-être même que quelqu’un a découvert un stock de ralentisseurs oublié derrière un entrepôt.

« Deux cents ralentisseurs achetés, cinquante offerts ! »

Le tout évidemment sans aucun rapport avec qui que ce soit.

ZoukMag précise donc que cette histoire de cousin vendeur de bitume est une pure invention satirique.

Nous n’accusons personne.

Nous posons simplement la question que beaucoup de contribuables pourraient se poser :

Est-ce que chaque euro dépensé dans la voirie correspond réellement à la priorité la plus urgente pour le territoire ?

LE GRAND JEU DE LA VOIRIE SAINT-MARTINOISE

À Saint-Martin, on pourrait presque organiser un nouveau jeu de société.

« Où est le prochain ralentisseur ? »

Règle numéro 1 :

Vous devez le trouver avant de le prendre.

Règle numéro 2 :

Vous devez ensuite trouver le marquage au sol.

Règle numéro 3 :

Vous devez éviter le trou situé immédiatement après.

Règle numéro 4 :

Si vous y arrivez sans perdre une roue, vous gagnez.

Et pour les motards, une extension spéciale est prévue :

« Où est le ralentisseur que je n’avais pas vu ? »

Faxinfo souligne d’ailleurs que plusieurs des premiers ralentisseurs installés n’étaient pas encore signalés ou marqués au sol, les finitions devant intervenir à partir du 14 septembre après le délai nécessaire au séchage de l’enrobé.

La Collectivité demande donc, à juste titre, la plus grande prudence aux automobilistes et aux conducteurs de deux-roues pendant cette période de travaux.

POUR UNE FOIS, FAISONS LES CHOSES DANS LE BON ORDRE

Personne ne reprochera à la Collectivité de vouloir améliorer la sécurité routière.

Personne ne reprochera non plus aux équipes techniques de refaire des routes dégradées.

Mais peut-être pourrait-on simplement demander une chose :

UNE VISION D’ENSEMBLE.

Réparer les trous.

Traiter les zones réellement accidentogènes.

Améliorer l’éclairage lorsque cela est nécessaire.

Améliorer la signalisation.

Sécuriser les passages piétons.

Puis installer des ralentisseurs là où une analyse objective démontre qu’ils sont réellement nécessaires.

Parce que la sécurité routière, ce n’est pas seulement faire ralentir les voitures.

C’est aussi permettre aux habitants de circuler sur des routes correctement entretenues.

Et accessoirement, permettre aux entreprises qui travaillent pour la Collectivité d’être payées dans des délais raisonnables.

LE MOT DE LA FIN

À Saint-Martin, nous avons donc désormais plusieurs catégories de ralentisseurs :

Le dos d’âne.

Le plateau.

Le trou.

Et bientôt, peut-être, le ralentisseur administratif :

« Votre facture est en cours de traitement. Merci de patienter. »

Celui-là, curieusement, semble être le seul que personne ne parvient à franchir rapidement.

ZOUKMAG

L’info qui dérange… mais qui dit tout !


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Iggy

Iggy, le journaliste qui gratte là où ça fait mal Le visage (à écailles) de ZOUKMAG Avec son carnet de notes, son micro et son regard toujours un peu méfiant, Iggy parcourt Saint-Martin à la recherche des informations qui comptent vraiment. Conseils territoriaux, inaugurations, faits divers, culture, sport, environnement, politique… rien n’échappe à sa curiosité. Enfin… presque. Les moustiques continuent de lui filer entre les griffes.
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