Après des années de turbulences, de conflits sociaux et de directions qui se succèdent, le nouveau patron de l’hôpital veut remettre de l’ordre dans la maison. Au programme : rigueur, stabilité et retour aux fondamentaux. Bref, il va falloir retrousser les manches, et pas seulement pour remplir des tableaux Excel !
Arrivé le 15 juillet 2026 à la tête du Centre hospitalier Louis-Constant Fleming, Patrick Lambruschini découvre un établissement qui aurait bien besoin d’une bonne révision générale. Dans ses entretiens accordés au Pélican et à Faxinfo, le directeur annonce la couleur : remettre les finances sur les rails, fiabiliser la paie, stabiliser les équipes dirigeantes et remettre les procédures au carré. En clair, avant de soigner les patients, il va falloir soigner la maison elle-même. Parce qu’un hôpital, ce n’est pas censé fonctionner comme une administration dont le principal exploit serait de réussir à payer tout le monde à la bonne date !
Le chantier est vaste : installations vieillissantes, médecins difficiles à recruter, personnels à fidéliser, spécialités médicales insuffisantes et coopération indispensable avec le CHU de Guadeloupe. Lambruschini veut moderniser les équipements, développer la télémédecine et renforcer certaines activités médicales. Sur le papier, le programme a de l’allure. Mais à Saint-Martin, le papier supporte tout, y compris les projets les plus ambitieux. Ce qui résiste parfois beaucoup moins bien, c’est le passage du dossier administratif à la réalité du terrain.
Le directeur promet aussi un projet d’établissement pour 2027 et affirme vouloir éviter les annonces impossibles à financer. Voilà au moins une déclaration qui mérite d’être encadrée dans les couloirs : promettre moins pour réaliser davantage, quelle drôle d’idée dans un monde où les inaugurations arrivent parfois avant les résultats !
Reste le nerf de la guerre : les équipes. On ne fidélise pas les soignants avec de belles phrases, pas plus qu’on ne fait apparaître des médecins en agitant un organigramme. Il faudra des conditions de travail acceptables, une direction stable, des moyens bien employés et une confiance à reconstruire. Quant aux patients, eux, n’attendent pas un nouveau plan stratégique en douze chapitres : ils veulent être soignés correctement, dans des délais raisonnables, sans devoir organiser une expédition vers la Guadeloupe à chaque problème médical un peu compliqué.
Chez ZoukMag, on souhaite donc bon courage au nouveau directeur. Il ne manque ni de dossiers ni de priorités, et son balai risque de chauffer. Mais attention : à l’hôpital, le grand ménage ne consiste pas à déplacer la poussière d’un service à l’autre, ni à changer les étiquettes sur les portes des bureaux. Il consiste à obtenir des résultats concrets pour les patients et les personnels.
En 2027, les Saint-Martinois ne demanderont pas combien de réunions ont été organisées, combien de tableaux ont été remplis ou combien de fois le mot « rigueur » a été prononcé. Ils voudront savoir si l’hôpital fonctionne mieux.
Parce qu’un établissement de santé n’est pas un patient qu’on peut laisser en salle d’attente indéfiniment. Et cette fois, le bulletin de santé de l’hôpital, c’est la population qui le délivrera !
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