Lycée Daniella Jeffry : le protocole existe, les agents aussi…

ecole

À Saint-Martin, même les protocoles finissent par avoir besoin d’un rappel à l’ordre.

Nouvelle rentrée, nouvelle mobilisation.

Les agents du lycée professionnel Daniella Jeffry sont de nouveau en débrayage. Leur reproche tient en quelques mots, rapportés par Le Pélican : « Le protocole n’est pas respecté. »

Et voilà donc un nouvel épisode de la grande série saint-martinoise intitulée :

« On avait pourtant prévu une procédure. »

Sur le papier, tout est généralement très simple.

On constate un problème.

On rédige un protocole.

On réunit les personnes concernées.

On définit les mesures à prendre.

On valide.

On signe.

Et ensuite…

on applique.

Enfin, normalement.

Parce que si le protocole existe mais que les agents doivent à nouveau débrayer pour rappeler qu’il doit être respecté, il reste manifestement une petite étape entre le classeur administratif et la réalité du terrain.

Et c’est précisément là que les choses deviennent intéressantes.

Le grand classique du « mode dégradé »

Saint-Martin connaît malheureusement bien cette mécanique.

On commence avec une situation temporaire.

Puis elle dure.

Puis on s’habitue.

Puis elle devient la nouvelle normalité.

Et lorsqu’un agent finit par dire que cela ne peut plus continuer, on découvre soudain que le fameux caractère « temporaire » avait pris quelques années de vacances.

Le lycée professionnel des Îles du Nord, devenu lycée polyvalent Daniella Jeffry, a déjà connu son lot de difficultés depuis Irma. Les travaux de reconstruction ont représenté des investissements considérables, et l’établissement avait encore été décrit, quelques années après le cyclone, comme faisant partie des sites nécessitant des interventions importantes.

Alors forcément, lorsqu’un protocole est établi pour améliorer les conditions de travail, on peut comprendre que les agents apprécient moyennement de constater qu’il reste tranquillement rangé dans un dossier pendant que la réalité, elle, continue de fonctionner autrement.

Et les élèves dans tout ça ?

C’est probablement la question la plus importante.

Parce qu’un lycée n’est pas seulement un bâtiment, une direction, des agents et des protocoles.

C’est un endroit où des centaines de jeunes viennent apprendre un métier et préparer leur avenir.

Le LPO Daniella Jeffry accueille aujourd’hui environ 760 élèves.

Chaque journée perturbée, chaque dysfonctionnement, chaque conflit qui s’enlise finit donc par avoir des conséquences très concrètes.

Et c’est là que le problème dépasse largement la seule question sociale.

Quand les adultes chargés de faire fonctionner un établissement doivent régulièrement rappeler qu’ils ont besoin de conditions de travail normales pour assurer leur mission, ce sont aussi les conditions d’apprentissage des élèves qui sont en jeu.

À Saint-Martin, on adore les protocoles

Il faut reconnaître une chose à notre administration : elle sait produire des protocoles.

Des plans.

Des réunions.

Des commissions.

Des procédures.

Des comptes rendus.

Et parfois même des comptes rendus de réunions consacrées à la préparation de futures réunions.

Le véritable défi semble parfois beaucoup plus audacieux :

Faire fonctionner ce qui a été décidé.

C’est peut-être ça, finalement, la prochaine grande réforme administrative à Saint-Martin.

Pas besoin de nouveau protocole.

Pas besoin d’une nouvelle commission.

Pas besoin d’un nouveau document de 47 pages.

Juste appliquer celui qui existe déjà.

🦎 Iggy résume la situation :

« Le protocole est respecté… sur le papier.
Pour le reste, veuillez patienter pendant la prochaine réunion. »

Et pendant ce temps, les agents débrayent.

Les élèves attendent.

Et le fameux protocole, lui, reste probablement bien au chaud dans son classeur.

Bienvenue à Saint-Martin.

L’info qui dérange… mais qui dit tout !


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut