Il était une fois un chasseur de Saint-Martin qui voulait simplement chasser, tranquillement, dans le respect des règles, mais voilà, quelque part en Guadeloupe, des chasseurs auraient tellement fait n’importe quoi que les oiseaux auraient décidé de prendre un avocat. Enfin, c’est à peu près ainsi que notre pauvre chasseur saint-martinois comprend l’histoire, parce que lui, il n’a pas spécialement l’impression d’avoir vidé le ciel de ses oiseaux, mais il se retrouve quand même à subir les conséquences des batailles judiciaires autour de la chasse. Le Conseil d’État a bien donné raison, le 30 juillet 2026, à plusieurs associations de protection des oiseaux sur un point précis : l’autorisation de chasser le pluvier argenté en Guadeloupe, à Saint-Martin et en Martinique a été annulée, et les associations ont obtenu 3 000 euros au titre des frais de procédure.
Alors évidemment, à Saint-Martin, le chasseur regarde tout cela avec une certaine perplexité. Ici, la chasse ne ressemble pas forcément à l’image du grand massacre organisé que certains semblent avoir en tête, et une grande partie de la chasse pratiquée localement se fait sur des terrains privés, ce qui constitue une différence importante avec les représentations parfois véhiculées dans les débats généraux sur la chasse. Pendant ce temps, les associations, elles, utilisent parfaitement les outils juridiques à leur disposition, et c’est leur droit. Le problème, c’est que lorsqu’une décision concernant plusieurs territoires tombe, le chasseur saint-martinois peut avoir l’impression d’être condamné pour les éventuelles bêtises du cousin éloigné qu’il ne connaît même pas.
Et notre chasseur, forcément, commence à râler. Il demande à ZOUKMAG de faire quelque chose. Nous avons étudié le dossier avec le sérieux qui caractérise notre rédaction, envisagé plusieurs solutions diplomatiques, puis proposé d’introduire quelques éléphants et deux ou trois alligators dans les zones de chasse afin de créer un peu de diversité écologique. La Préfecture n’a pas trouvé l’idée particulièrement brillante. Nous avons également proposé des rhinocéros, mais le service environnement nous a demandé d’arrêter immédiatement de réfléchir.
Alors que reste-t-il ? Attendre. Attendre la prochaine saison, attendre les prochains arrêtés, attendre les éventuels recours, et surtout espérer que les prochaines décisions judiciaires permettront de distinguer davantage les réalités locales. Car le chasseur saint-martinois ne demande pas forcément un permis de tirer sur tout ce qui bouge, il demande surtout que l’on regarde ce qui se passe réellement ici, plutôt que de lui appliquer mécaniquement les conséquences de débats qui dépassent largement notre petite île.
À ZOUKMAG, nous n’avons malheureusement ni fusil, ni pouvoir réglementaire, ni bouton magique au tribunal administratif. Nous avons simplement une plume, un iguane et une certaine affection pour ceux qui passent leur temps à se demander ce qu’ils ont bien pu faire pour mériter tout ça.
Alors, amis chasseurs de Saint-Martin, courage. 🦎 La prochaine saison arrivera peut-être avant les prochains recours. Et si ce n’est pas le cas, Iggy propose officiellement de ressortir le dossier éléphants + alligators.
La Préfecture dira probablement encore non.
Mais au moins, on aura essayé.
La rédaction de ZoukMag



