DEUX AUDIENCES, CINQ ABSENTS… ET TOUJOURS PAS DE PROCÈS

un procès sous les tropiques(1)
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MUSSINGTON ET SES QUATRE VICE-PRÉSIDENTS : « ON N’A PAS EU LE TEMPS D’ÉTUDIER LE DOSSIER »… LA JUSTICE, ELLE, PEUT ATTENDRE

Après le renvoi de lundi concernant Louis Mussington, voilà maintenant que le président de la Collectivité revient devant le tribunal mercredi 7 octobre, accompagné cette fois de ses quatre vice-présidents : Michel Petit, Bernadette Davis, Dominique Démocrite-Louisy et Alain Richardson. Et devinez quoi ? Pas un seul des cinq prévenus à la barre.

Le dossier concerne notamment des soupçons de contournement des règles de la commande publique, de favoritisme dans des locations de véhicules et l’utilisation à des fins personnelles de véhicules dont les locations auraient été prises en charge par la Collectivité. Encore une fois, rappelons-le clairement : les cinq élus bénéficient de la présomption d’innocence et ces accusations devront être examinées par la justice.

Mais pour demander un renvoi, la défense explique qu’il faut davantage de temps pour étudier le dossier et préparer la défense. Me Dominique Nicolas, avocat de Louis Mussington, reprend l’argument déjà utilisé lundi : selon lui, il n’aurait obtenu une copie de la procédure que le 9 septembre, malgré deux demandes précédentes. L’avocat représentant les quatre autres élus demande également le renvoi. Résultat : cinq prévenus convoqués, cinq absents, et cinq bénéficiaires du même délai supplémentaire.

Et c’est là que la situation devient particulièrement savoureuse. Parce que lundi, pour le premier dossier, la défense expliquait déjà avoir besoin de temps pour préparer sérieusement le procès. Le tribunal avait finalement accordé le renvoi au 11 janvier 2027. Deux jours plus tard, pour le second dossier, même musique : il faut encore du temps pour étudier le dossier. La justice, elle, avait manifestement prévu de travailler selon le calendrier judiciaire. Certains semblent avoir découvert qu’il existait un calendrier tout court.

Et puis il y a le certificat médical de Louis Mussington. Lundi, lorsqu’il ne s’était pas présenté, son avocat avait invoqué son état de santé, mais aucun certificat médical n’avait été produit. La procureure avait même demandé un mandat d’amener. Mercredi, changement de scénario : l’avocat arrive avec un certificat médical daté du 2 octobre, justifiant dix jours d’absence. La procureure retire alors sa demande de mandat d’amener concernant le président.

Alors forcément, le citoyen regarde les dates : certificat daté du 2 octobre, audience le 5 octobre, certificat non présenté lundi, nouvelle audience le 7 octobre, certificat présenté mercredi. Il paraît qu’il ne faut surtout pas y voir quelque chose de bizarre. Très bien. Mais il faudrait peut-être expliquer à la population pourquoi un document médical daté du 2 octobre n’a pas été présenté lors de l’audience du 5 octobre. Parce que les habitants de Saint-Martin ne sont peut-être pas avocats, mais ils savent encore lire un calendrier.

Et concernant Michel Petit, Bernadette Davis, Dominique Démocrite-Louisy et Alain Richardson, même scénario : ils ne comparaissent pas, leur défense demande du temps supplémentaire pour préparer le dossier, et le tribunal finit par accorder le renvoi à l’ensemble des prévenus. La procureure, elle, rappelle que le renvoi n’est pas un droit et lâche une formule particulièrement cinglante concernant les quatre vice-présidents : « La moindre des politesses aurait été qu’ils daignent se présenter devant la justice. » Elle précise également que leur absence sera prise en compte lors de la prochaine audience.

Voilà donc où nous en sommes : lundi, un procès renvoyé. Mercredi, un autre procès renvoyé. Louis Mussington absent aux deux audiences. Les quatre vice-présidents absents à la leur. Un certificat médical daté du 2 octobre qui apparaît mercredi. Et cinq élus qui obtiennent finalement un délai supplémentaire pour préparer leur défense.

Personne ne conteste qu’un avocat ait besoin de temps pour travailler un dossier. Personne ne conteste non plus qu’un véritable problème de santé puisse justifier une absence. Mais lorsque tout cela s’accumule en quelques jours, la population est parfaitement en droit de s’interroger.

Parce que le citoyen lambda, lui, lorsqu’il reçoit une convocation devant la justice, ne demande généralement pas si le dossier est suffisamment confortable à étudier avant de se présenter. Il vient. Il attend. Il répond. Et s’il ne vient pas, il découvre rapidement que la justice ne considère pas nécessairement son absence comme un détail administratif.

Alors forcément, la question de Ram de Bush mérite d’être posée :

« ON NE NOUS PRENDRAIT PAS UN PEU POUR DES CONS ? »

Le tribunal a finalement fixé le prochain rendez-vous au 13 janvier 2027 à 8 h 30.

Espérons qu’en janvier, tout le monde aura eu suffisamment de temps pour lire les dossiers.

Parce qu’à ce rythme, le procès finira peut-être par avoir besoin, lui aussi, d’un certificat médical.

ZOUKMAG
L’info qui dérange… mais qui dit tout !

Sources : SoualigaPost, 97150


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Iggy

Iggy, le journaliste qui gratte là où ça fait mal Le visage (à écailles) de ZOUKMAG Avec son carnet de notes, son micro et son regard toujours un peu méfiant, Iggy parcourt Saint-Martin à la recherche des informations qui comptent vraiment. Conseils territoriaux, inaugurations, faits divers, culture, sport, environnement, politique… rien n’échappe à sa curiosité. Enfin… presque. Les moustiques continuent de lui filer entre les griffes.
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